L’Europe veut dormir aussi

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Très clair… C’est bien l’avis d’un jeune Belge, dont le père est l’ami du roi Léopold II, ce qui ne fait pas peu pour lui faciliter la vie. En 1867, pour se guérir d’un chagrin amoureux, Georges Nagelmackers voyage aux États-unis – dans les Pullman, bien entendu. Le voilà qui troque aussitôt son ancien amour pour celui des chemins de fer et qui obtient, grâce à ses relations, d’être reçu par Georges Pullman. Il aura une drôle de manière de l’en remercier quelques années plus tard, en devenant son principal concurrent. Mais nous n’en sommes pas là…

Le 20 avril 1870, Georges Nagelmackers, de retour du Nouveau Monde, publie son Projet d’installation de wagons-lits sur les chemins de fer du continent :

Quel serait le touriste ou l’homme d’affaires voyageant entre Berlin et Cologne, par exemple , ou de Paris à Marseille, qui ne serait heureux de monter dans un wagon dans lequel il pourrait passer la nuit sur un lit, allongé dans des draps frais, sous une couverture, s’abandonner aux délices du sommeil sans crainte d’être dérangé, et se réveiller le matin à quelques kilomètres de sa destination?

Georges Nagelmackers conçoit donc un projet qu’il s’en va proposer aux compagnies nationales de chemin de fer européennes. Que penseraient-elles de céder à une société le droit exclusif d’accrocher aux trains de ligne des voitures de luxe qui lui appartiendraient en propre? Cette société encaisserait le montant de ses prestations et la compagnie celui d’un billet de première classe.

En 1872, le prototype de voiture-lit du jeune Belge est en circulation sur la ligne Paris-Vienne. Le wagon est bien plus petit qu’un Pullman. Il n’accueille que 12 voyageurs? Cela dit, il est , du même coup, plus léger, ce qui lui permet d’être adopté par la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée, qui le préfère à un concurrent jugé trop gourmand en force de traction. Dans la sévère compétition qui commence entre le Belge et l’Américain, ce dernier ne remportera que les contrats anglais et italiens.

En 1876, la voiture-lit de Nagelmackers s’est enrichie de 8 places supplémentaires et d’un sigle, celui de sa société maintenant fondée, la Compagnie internationale de wagons-lits ( CIWL).

Le 4 octobre 1883, un splendide convoi s’ébranle. Il est composé d’une locomotive, d’un fourgon postal, de deux voitures-sleepings de 20 personnes, d’un wagon-restaurant et d’un fourgon à bagages. C’est le premier train entièrement constitué de voitures de la CIWL. Il part pour Istanbul et s’appelle l’Orient-Express.

Lui et quelques autres à venir vont permettre à la société de Nagelmackers de devenir la Compagnie internationale des wagons-lits et des grands express européens.

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